La place des petites structures dans la relance événementielle

L’épidémie a forcé la culture à mettre un genou à terre. Les perspectives pour le secteur évènementiel culturel sont toujours floues. On attend tou.te.s avec impatience le fameux « retour à la normale ». Ce doux moment où nous pourrons reprendre les événements. Pour anticiper cette reprise, nous nous sommes demandé quel sera notre place dans la relance culturelle, nous, petites structures de l’événementiel culturel.

En mars 2019 a commencé le dramatique enchainement des annulations de festival avec le premier communiqué titré « Game Over » des Reperkusound. Ensuite est venu le tour des Nuits Sonores, pour lesquelles nous avions été sélectionné pour un Extra, de d’abord reporter sa date à juillet, avant son annulation officielle. Au même moment, l’Evasion festival, le Son Libre, les Solidays, We Love Green et tous ces autres événements que je regardais avec admiration, ont tour à tour affiché ces communiqués d’annulations devenus horriblement habituels.

Au-delà de l’immense tristesse d’une perspective d’été sans musique, sans rencontres, sans lâché-prise, la question du « et après ? » se posait déjà. A quoi allait ressembler le milieu de l’évènementiel culturel ? Dans nos têtes foisonnaient des centaines de scénarios : la chute des « mastodontes », la prolifération des « petits », des évènements sous bulles, les concerts « drive-in« , la normalisation des événements privés, la généralisation des évènements en ligne, l’explosion des free-party… Le fait est que 10 mois plus tard, nous n’avons toujours pas de certitudes. Aujourd’hui, un-peu comme un baroud d’honneur, 32% des festivals ont déjà ouvert leurs billetterie pour l’édition 2021, (Bilan tous les festival 2020) et je dois l’avouer, ce genre d’initiative me donne aussi l’envie de tout faire pour réaliser nos évènements cette année.

Avant la crise, le milieu de l’évènementiel culturel ressemblait à un énorme système mécanique, où les acteurs sont des rouages de différentes tailles, certains en entrainant d’autre, tandis que d’autres profitent de l’inertie globale pour se faire leurs places. Ce mécanisme fonctionnait bien, on peut lui reprocher beaucoup de choses, mais il réussissait à rassembler des personnes, proposer des expériences. Aujourd’hui, il est à l’arrêt. Totalement… La question de la reprise culturelle c’est se demander comment relancer la machine. Comment va-t-on faire sans les rouages cassés par la crise ? Comment allons nous redonner de l’inertie à tout le système ? Qui seront les moteurs ? Qui remettra de l’huile pour éviter que ça ne grince ?

Je n’ai pas la réponse à toute ces questions, mais j’ai une certitude, c’est que les petites structures culturelles ont un rôle important à jouer dans cette relance ! Je parle ici des petites structures associatives, sans salariés, uniquement motivées par la passion. En effet, ce sont des structures souples par nature : dans le budget, l’organisation, les objectifs. Les Graines Electroniques fait donc partie de ces « petits ».

Nous, petites structures, avons pour seul moteur l’envie d’organiser des événements qui nous ressemble. Nous avons la « chance » de ne pas dépendre financièrement de la réussite économique de nos événements pour vivre au quotidien. Notre motivation et notre réactivité fait partie de nos forces. J’ai l’exemple de notre conférence musicale qui a été conceptualisée, organisée et réalisée en quelques semaines juste à la sortie du premier confinement et qui devait prendre en considération les toutes récentes mesures sanitaires. Bien que nous n’ayons pas d’objectif économique derrière ces évènements, l’impact économique est bien réel : entre la location du matériel de sonorisation, la consommation de nourriture et de boisson, la location d’éco-cup, la rémunération des techniciens, des artistes, des agents de sécurité…  C’est tout un écosystème économique qui se relance après des mois compliqués.

Le modèle de la pandémie étant basé sur des vagues de confinement et de déconfinement, la visibilité sur le long terme est très dure à avoir et complique les grosses organisations. Cependant, nos petites structures ont la capacité d’organiser très rapidement de petits événements, de redonner de petits élans à la culture. Cela, même avec une visibilité sur le court terme, car c’est le cœur même de notre raison d’être.

Nous, petits organisateurs d’événements, nous serons là à la reprise, notre présence permettra de redonner de l’inertie à la machine culturelle, de remobiliser les artistes, les prestataires techniques, le public. Dès que les voyants seront aux verts nous serons de nouveaux là, à faire avec notre patte des événements qui ont du sens.

Mais pour que cela puisse se faire nous avons besoin de faire groupe et de communiquer avec les puissances publiques pour prévoir et rassurer notamment sur les questions sanitaires. Nous devons travailler avec les collectivités locales pour créer des protocoles sanitaires adaptés à nos événements, créer des indicateurs pour avoir une vision sur nos possibilités d’organisations. A l’heure actuelle des grands mouvements tel que « l’appel des indépendants » interpellent le gouvernement sur le sort du secteur culturel. Il faut aussi que nous, petites structures, puissions-nous saisir de ces questions et interpeller à un niveau plus local, les mairies, les préfectures pour permettre, le moment venu, une reprise sereine des événements.

2021: retour des festivals ? On l’espère et on sera là !

Lindsy Reynolds – janvier 2021

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